L'utilisation d'ustensiles culinaires en acier inoxydable peut-elle conduire à des allergies alimentaires ?

Non. D'une part, lorsque l'on parle d'allergies au nickel, il s'agit d'allergies dermatologiques et non pas d'allergies alimentaires.

D'autre part, beaucoup d'aliments de consommation courante (légumes, céréales, cacao, fruits de mer...) contiennent de nombreuses traces d'éléments métalliques, et en particulier du nickel (rhubarbe, cacao). Le niveau de ces éléments est inchangé après cuisson ; même prolongée dans des ustensiles en acier inoxydable.

La comparaison des taux de relargage d'ustensiles en verre (référence inerte) et en inox montre qu'en fait l'acier inoxydable ne contribue pas à l'enrichissement en nickel des aliments après cuisson, le taux de nickel demeurant identique à celui des aliments bruts.

D'autre travaux montrent enfin qu'un relargage un peu plus important de nickel (et d'autre éléments métalliques comme le chrome ou le fer) est parfois observé sur des ustensiles neufs : ce phénoméne est associé à l'existence de fines particules métalliques provenant du polissage final. La plupart des fabricants d'articles ménagers en acier inoxydable recommandent d'ailleurs une première utilisation « à blanc » avec de l'eau portée à ébullition, suivie d'un nettoyage. L'ensemble de ces travaux a été repris dans le dossier de l'OMS concernant le nickel dans l'alimentation et les eaux potables.

Les aciers inoxydables peuvent-ils provoquer des allergies au contact de la peau ?

La plupart de ces allergies sont provoquées par le nickel pur, sous forme massive ou sous forme de revêtement (nickelage).

Dans les aciers inoxydables, le nickel n'a plus du tout le même comportement et se trouve « piégé » au sein de l'alliage sans possibilité de diffusion vers l'extérieur.

Cette inertie est liée à l'existence d'une couche protectrice qui se forme spontanément sur les aciers inoxydables au contact de l'air : cette couche est suffisamment étanche pour empêcher la diffusion d'espèces métalliques dans le milieu ambiant.

La qualité de l'acier inoxydable doit cependant être compatible avec une utilisation en présence de sueur plus ou moins acide en fonction des individus.

Seules, les nuances d'acier inoxydables resulfurées (en vue d'une amélioration de leur usinabilité) sont potentiellement allergisantes du fait de leur médiocre tenue à la corrosion dans la sueur acide : elles ne sont plus utilisées dans les articles destinées au contact avec la peau.

Les prothèses dentaires et osseuses en acier inoxydable sont-elles dangereuses pour la santé ?

Les aciers inoxydales utilisés pour la fabrication de prothèses sont largement répandus et normalisés dans de nombreux pays à travers le monde (Europe, USA, Japon).

La littérature mondiale a recensé moins de 250 cas d'allergies provoquées par des alliages à base de nickel où des fils orthodontiques en aciers fins sont également impliqués.

La plupart des alliages dentaires contenant du nickel sont de type nickel/chrome et leur résistance à la corrosion en milieu buccal est surtout liée … à leur teneur en chrome : les alliages dentaires nickel/chrome contiennent jusqu'à 70% de nickel, ce ne sont donc pas des aciers inoxydables. Au cours des processus de corrosion, ce n'est toutefois pas la teneur en nickel qui joue un rôle décisif pour la libération de nickel mais la quantité de chrome présente dans l’alliage.

De manière générale :

  • Soit le métal est strictement inerte dans le milieu environnant – on dit alors qu’il est « passif » - et aucun de ses éléments constitutifs ne se diffuse dans le milieu ;
  • Soit il y a corrosion du métal – alors considéré comme inapte à l’utilisation qui en est faite – et ses éléments constitutifs migrent dans le milieu dans les mêmes proportions que celles rencontrées dans le métal à l’état solide.

Le "relargage" du nickel (ou de tout autre élément métallique) à partir d’un acier est donc intimement associé à la résistance à la corrosion de cet acier dans le milieu de service (sueur, salive, …). En l’absence de corrosion, il n’y a pas relargage : le problème n’est donc pas de savoir si l’acier contient du nickel mais si sa résistance intrinsèque à la corrosion est suffisante dans le milieu biologique ou chimique considéré.

Les aciers inoxydables ont fait l’objet de nombreuses expérimentations, in vitro et in vivo, dans le cadre d’une utilisation médicale, tant sur les prothèses osseuses que sous-cutanées.

Là encore, le problème n’est pas tant de savoir si l’acier contient du nickel, mais si sa tenue à la corrosion en milieu biologique est convenable.

De nombreuses équipes scientifiques se préoccupent de définir des solutions optimisées, garantissant, par des tests appropriés, leur innocuité vis à vis des patients ; dans un grand nombre de cas, ces solutions ont fait l’objet de réglementations et normes dans la plupart des pays industrialisés.

De nombreuses normes régissent l’emploi des aciers inoxydables dans les applications touchant à la chirurgie et à l’art dentaire ; l’élaboration de ces normes résulte d’une expérimentation rigoureuse en laboratoire et sur le terrain. La mise en œuvre et l’utilisation de ces matériaux s’appuie ensuite sur le respect de procédures qualité strictes.

Existe-t-il des aciers inoxydables bactéricides ?

Les tentatives de commercialisation de matériaux bactéricides, comme les tissus, se sont jusqu’à présent soldées par des échecs retentissants. Sur ce sujet, la plupart des hygiénistes s’accordent à dire que les effets sont peu sélectifs et il y a beaucoup de dommages collatéraux, éradiquant aussi bien les espèces pathogènes que les espèces utiles.

L’avalanche de brevets sur les inox bactéricides ne semble pour l’instant pas suivi d’une industrialisation conséquente : les producteurs européens d’inox se sont déclarés opposés à la mise sur le marché communautaire de tels produits dont la vocation va à l’encontre de l’image « saine et hygiènique » de l’acier inoxydable.

Il est en effet inconcevable de faire cohabiter :

  • Les qualités d’inertie, propres aux matériaux destinés au contact alimentaire ou aux applications médicales ;
  • … avec le concept de « matériau tueur » associé au relargage d’espèces chimiques susceptibles d’éradiquer certains micro-organismes dangereux pour la santé.

La sécurité alimentaire ou médicale s’appuie avant tout sur l’application et le respect de procédures d’hygiène stricte (nettoyage, désinfection) : dans ce domaine, les aciers inoxydables sont parfaitement armés, compte tenu de leur résistance à la corrosion remarquable dans les détergents et les désinfectants les plus divers.

Y-a-t-il du chrome hexavalent (Cr VI) dans les aciers inoxydables ?

Le chrome VI est l’une des formes ioniques du chrome (avec le chrome III) que l’on rencontre dans certains composés chimiques minéraux ou organiques (chromates) utilisés dans les traitement de surface ou les peintures : ces composés ont des propriétés physiques, chimiques et toxicologiques qui n’ont strictement aucun point commun avec celle du chrome « métal » qui entre dans la composition des aciers inoxydables.

Quels sont les aciers inoxydables utilisables pour contact alimentaire ?

De par leur résistance à la corrosion, les aciers inoxydables sont parfaitement aptes au contact alimentaire et, en dehors des aspects réglementaires évoqués plus loin, la nuance d’acier sera choisie en fonction du milieu alimentaire considéré et des protocoles d’hygiène applicables. Ceci est particulièrement vrai dans l’industrie agro-alimentaire, où les milieux peuvent être de « corrosivité » très variable (lait, moutarde, salaisons, …) et où les exigences hygièniques font appel à des produits de nettoyage ou désinfection également très aggressifs (détergents alcalins chlorés).

Au niveau européen, il n’y pour l’instant pas de réglementation communautaire concernant les aciers inoxydables destinés au contact alimentaire : l’échéance d’une Directive sur le sujet se situe, dans le meilleur des cas, à l’horizon 2006.

Depuis 1976, la France dispose d’une réglementation nationale sur le sujet (arrêté du 13 janvier 76) précisant les teneurs minimales et maximales en éléments d’alliage des aciers inoxydables autorisés (13% de chrome minimum, 4% de molybdène et de cuivre maximum).

La norme française NF A 36-711 (décembre 2001) vient désormais compléter ce dispositif réglementaire en précisant les nuances aptes au contact alimentaire, dans les conditions d’acceptation du décret français. Ces nuances sont par ailleurs référencées dans la norme européenne EN 10088 « Aciers inoxydables d’usage général ».

En Italie, les aciers inoxydables pour usage alimentaire doivent avoir subi avec succès les tests de migration imposés dans différents milieux (l’eau, l’alcool, l’huile d’olive et l’acide acétique) : la plupart des aciers inoxydables satisfont à ces tests.

Aux USA, la FDA a depuis les années soixante classé les aciers inoxydables dans les matériaux GRAS (Generally Recognised As Safe) sans distinction de nuance. Depuis juillet 2002, la norme ANSI NSF 51 précise que les aciers inoxydables des séries 200 et 300, ainsi que les nuances pour coutellerie, sont acceptées sans test complémentaire. Pour d’autres séries (400), une tenue minimale à un test normalisé de brouillard salin est exigée.

Pouvez-vous me fournir un certificat d'alimentarité de cet acier inoxydable ?

Il est possible de certifier la conformité d’un acier inoxydable avec les exigences de la réglementation française (arrêté du 13 janvier 76). Il est dans ce cas recommandé d’établir la commande suivant la norme NF A 36-711 qui permet de garantir que les produits fournis respectent effectivement les exigences de la réglementation en vigueur

Le choix de la nuance d’acier inoxydable doit bien évidemment être en adéquation avec les conditions de service : type de milieu alimentaire, température de travail, conditions de nettoyage. La garantie d’aptitude au contact alimentaire ne s’applique que si la nuance d’acier inoxydale est adaptée – en particulier quant à sa résistance à la corrosion – à l’utilisation envisagée.

Y-a-t-il des métaux lourds - tels que le plomb, le mercure ou le cadmium - dans les aciers inoxydables ?

Non. Les aciers inoxydables sont normalisés et les normes correspondantes définissent de manière précise les éléments d’alliage - en nature et en quantité - qu’il est possible d’utiliser dans leur fabrication (chrome, nickel, manganèse, molybdène,…). Aucun métal lourd - comme le plomb, le mercure ou le cadmium - ne rentre dans la composition des aciers inoxydables.

La fabrication de l'acier inoxydable pollue-t-elle ?

La fabrication des aciers inoxydables est au contraire, sous beaucoup d’aspects, une entreprise à vocation écologique : près de 70% des matières premières servant à leur fabrication sont issues du recyclage de produits en fin de vie ou des co-produits de mise en œuvre (chutes, copeaux d’usinage).

Des techniques de dépoussièrage de plus en plus performantes ont désormais réduit au minimum les émissions dans l’air ambiant. Les systèmes de refroidissement en circuit fermé ou semi-ouvert deviennent la règle, limitant ainsi les sources potentielles de pollution des eaux. Enfin, certains co-produits peuvent être utilisés dans les travaux publics comme matériaux de remblais, permettant ainsi de limiter l’exploitation - souvent polluante - de nouvelles carrières.

Comment l'acier inoxydable est-il recyclé ?

L’acier inoxydable peut être recyclé indéfiniment par les aciéries pour fabriquer à nouveau de l’acier inoxydable, de qualité identique.